Métamorphoses

CATALOGUE DES ŒUVRES

Du 22 mars au 7 avril 2023, l’exposition  LES ÉTOFFES DU VIVANT au Trapèze, 19 rue de Poitou, 75003 Paris

présente les Métamorphoses

Voir le programme: LES ÉTOFFES DU VIVANT

Les histoires naturelles du XXIème siècle forment un ensemble de grands formats peints . De l’infiniment grand à l’infiniment petit, ces récits explorent les beautés dévoilées par les sciences de la vie et de la terre.

Le projet Métamorphoses

LE CYCLE DU TEMPS

Accrétion, 154 x 248 cm, encre et acrylique sur Wenzhou.

Puissance du mouvement d’attraction des éléments constitutifs de la matière. Des bouts de rien, de la même pas encore poussière, se juxtaposent, forment des éléments de plus en plus lourds, pour finalement engendrer des planètes. Simplement par accrétion. Puissance du temps. Puissance de la durée, Il aurait fallu quelques 30 millions d’années à notre Terre pour se former.

Accrétion. Détails


Sédimentation, 221 x 267 cm, encre et acrylique sur Wenzhou.

3,5 milliards d’années d’organismes vivants fossilisés sortis des mers et des roches qui les enveloppaient. Anciennes formes du vivant qui ont traversé le temps préservées par les poussières lentement accumulées au fond des océans et transformées en roches. Formes des temps passés revenues à la surface avec le plissement des sols, le soulèvement des montagnes, et le lent travail de la pluie, du vent des fleuves, qui les dévoilent.

Sédimentation. Détails

Roches en mouvement. 238 x 215 cm. Encre grasse, acrylique et pigments sur papier Wenzhou.

Mouvements verticaux du magma, du bas vers le haut,et du haut vers le bas, Roches liquides jaillissent des profondeurs souterraines, dans des volcans terrestres ou sous marins, tandis que glissant sous leur voisin, des continents redeviennent magma dans les grands fonds des fosses océaniques. Les roches se forment et se transforment, car leur nature dépend de la température et des pressions qu’elles subissent, des quantités d’eau et de gaz qu’elles emprisonnent, ou relâchent. Lenteur et puissance du mouvement des plaques continentales sur notre planète, quand 1 mm à 20 cm de déplacement latéral par an sont à l’origine de montagnes de presque 9000 m de hauteur.

Roches en mouvement. Détails


LE CYCLE DE L’ÉMERGENCE

Chaos. 225 x 265 cm, Encre, fusain, acrylique et pigments sur papier Wenzhou

Formidables brassages d’énergie et de matières au sein desquels nos paysages terrestres sont des oasis de quiétude. De nombreux phénomènes naturels sont du point de vue des mathématiques et de la physique, des systèmes chaotiques. Cela signifie que leur sensibilité aux conditions initiales les rend imprévisibles dans la durée. Comme la météo et le climat. Ce sont des systèmes en mouvement dont les scientifiques essaient de prédire l’évolution. Mais si l’on en modifie un tant soit peu les paramètres de départ, les résultats prédits au-delà d’une certaine durée divergent totalement. Il existe pourtant dans ces systèmes, des formes de constantes, vers lesquelles ils reviennent. Embryons de formes qui pourraient nous être familières et présentent les mêmes structures à diverses échelles.

Chaos. Détail

Chaos. Détail


Diversification, 140 x 210 cm, encre et acrylique sur papier de riz.

Comment la délicatesse et la diversité des formes des papillons ont-elles un jour surgi de l’évolution de grumeaux de poussières cosmiques? Il y a deux milliards d’années, dans l’immensité des océans, des micro-organismes unicellulaires, les algues bleues, lointaines bactéries des prémices de la vie, se nourrissant à partir d’énergie solaire et d’eau, éliminent de l’oxygène. Le vivant a inventé la  photosynthèse. L’atmosphère terrestre se modifie, contenant de plus en plus d’oxygène, de moins en moins de carbone. Quelques millions d’années plus tard, la voie est ouverte vers une expansion des formes de vie qui utilisent l’oxygène pour respirer. Tels les coraux, dont la nature hybride et la croissance en embranchements multiples manifeste bien les infinies possibilités d’adaptation et de diversification du vivant.

Diversification. Détails

Combinatoire. 200 x 243 cm, Encre, acrylique et pigments sur papier de riz

Tout être vivant est une infinité de combinaisons. Les particules constitutives de la matière se combinent en de multiples éléments, atomes, puis molécules dont certaines formeront les immenses  chaînes moléculaires aux sources de la vie. Combinées à leur tour,et capables de se répliquer dans des cellules, ces chaînes donneront naissance à des centaines de milliers d’espèces d’organismes unicellulaires et d’organismes pluricellulaires. Chez les organismes pluricellulaires comme les animaux ou les plantes, la combinaison de cellules forme les tissus,qui se combinent en organes, lesquels à leur tour formeront des systèmes,dont la combinaison forme des organismes. Nous même sommes formés de la combinaison de 9 systèmes. Avec la reproduction sexuée, chaque être est aussi la combinaison de deux autres vivants dont les cellules contiennent des organistes qui sont d’anciens organismes unicellulaires.

Combinatoire. Détails

LE CYCLE DE LA MULTIPLICATION

Ramifications, 212 x212 cm, encre et acrylique sur papier Wenzhou.

Des racines jusqu’aux feuilles, un principe très simple, celui de la ramification, donne naissance aux formes complexes et toujours différentes des arbres. Ainsi qu’à de nombreuses formes qui nous constituent, nous les animaux : nos bronches, notre système nerveux, notre réseau sanguin. Mais il se trouve également dans l’eau qui ruisselle, ou les réseaux fluviaux. Par son arbre généalogique, d’une génération à l’autre, et de façon ininterrompue, chacun de nous peut remonter jusqu’à l’ancêtre commun qui le relie aux arbres.

Ramifications. Détails.

Fécondation. 220 x 250 cm. Encre, fusain, acrylique et pigments sur Wenzhou.

Les organes de reproduction des fleurs ressemblent à ceux des humains et de bien des animaux. Les étamines, organes masculins, produisent les grains de pollen qui engendrent les gamètes mâles. Le pistil, l’organe féminin, contient les ovaires, qui protègent les ovules. Les gamètes mâles doivent rejoindre les ovules femelles. Mais les fleurs sont immobiles. Alors dans une lente co-évolution, elles se sont associées aux insectes. Les fleurs les régalent de nectar sécrété à leur intention, Les insectes butinent, et sans y prendre garde transportent le pollen d’une fleur à l’autre. Un grain de pollen se trouve déposé au sommet du pistil, Il en germe un tube pollinique qui conduit les gamètes mâles jusqu’aux ovules. L’ovaire fécondé grossit, se transforme en fruit, puis en graines. Les plantes sont immobiles mais les graines voyagent. Transportées par l’eau, le vent ou les estomacs, collées à des pelages ou des chaussettes, sous des pattes ou des semelles. La graine germe, le flux des cellules s’organise en formes végétales, tiges et bourgeons ou racines, pour croître en même temps vers le haut et vers le bas.

Fécondation. Détails

LE CYCLE DE L’UNITÉ

Enfants des étoiles. 244 x 202 cm. Encre, acrylique et pigments sur Wenzhou.

L’origine cosmique de la matière qui nous constitue et comme un écho, les paroles de Lucrèce « … les mêmes atomes qui forment le ciel, la mer, la terre, les fleuves, le soleil, forment également les moissons, les arbres, les êtres vivants. » Et ces atomes, nous dit la science contemporaine, se sont créés dans les nuages de matière cosmique rejetée lors d’explosions stellaires. Les atomes qui nous constituent sont bien plus âgés que nous, et la différence peut se compter en milliards d’années. Les plus vieux sont les atomes d’hydrogène, nés presque avec le big-bang, il y a environ 13 milliards d’années. Pour les autres, il faut attendre la naissance des étoiles, quelques millions d’années plus tard. Il y a plus d’atomes en chacun de nous, que d’étoiles dans le ciel. Ainsi pouvons-nous regarder, au travers de nous même, vers l’origine de l’univers.

Enfants des étoiles. Détails

L’arbre. 200 x 293 cm. Encre, acrylique et pigments sur Wenzhou

L’arbre dans sa nature à la fois céleste et souterraine. L’arbre de nuit, traversé de flux montant, et l’arbre de jour, traversé de flux descendant. Transformant l’air et la lumière en matière dans ses feuilles. Nourrissant de sucres les champignons auxquels il est associé dans le partage de leurs systèmes racinaires. Profitant de l’étendue de leurs réseaux de filaments souterrains pour aspirer l’eau et les sels minéraux du sous sol. Transpirant par ses feuilles au travers des minuscules ouvertures des stomates, par lesquelles se font les échanges gazeux avec l’air. Merveille de l’arbre qui respire et relie le ciel et la terre en de multiples échanges. L’arbre, sensible à l’attraction lunaire et agité d’imperceptibles marées.

L’arbre. Détails

La dentelle du vivant. 270 x 215 cm. Acrylique, crayon et pigments sur papier Wenzhou

Saisir l’infinité des interactions du vivant dans toutes les directions du visible et de l’invisible, du ciel au sous-sol, tout autour de la terre et dans la profondeur des océans, comme une immense dentelle aux motifs entrelacés. En toile de fond, l’intense vie microbienne qui peuple tous les milieux et l’ensemble des vivants, Chaque créature, plante, bactérie, animal, ou champignon, est au centre d’une série d’interactions avec d’autres organismes. N’importe lequel d’entre eux peut nous amener à faire le tour du monde, simplement en suivant la chaîne des interactions successives. Ainsi, tous les milieux influent-ils les uns sur les autres au gré des hasards et des trajectoires. La vie sur terre comme un îlot dans les vastes étendues de l’univers.

La dentelle du vivant. Détails


LE CYCLE DE LA COMMUNICATION

Les ondes des fleurs,169 x 211 cm, encre et acrylique sur papier Wenzhou.

Imaginons, avec les sens des insectes, le monde fantastique des ondes des fleurs qui les appellent à venir les butiner. Parfums, couleurs, tracés luminescents, leurres, les fleurs ont développé toutes sortes de stratégies pour attirer les insectes et s’attacher leurs services d’agents fécondateurs, allant même jusqu’à les régaler de nectars tout spécialement fabriqués à leur intention.

Les ondes des fleurs. Détails

Molécules. 215 x 166 cm. Craie grasse, encre de chine, feutres Posca, acrylique et pigments sur papier Wenzhou.

Énormes au premier plan, des nuages d’atomes vibrionnant agencés en molécules. Presque indistincts en arrière plan, quelques manifestations quotidiennes de la vie sur terre : oiseaux, poissons, plantes, etc. Les molécules ne font pas partie de la catégorie « êtres vivants ». Pourtant, la vie est faite d’échanges chimiques qui sont des transformations de molécules les unes en d’autres par gain ou perte d’atomes entre elles. Partout et tout le temps les grouillements incessants des transformations chimiques dans lesquels nous vivons, et qui nous constituent, agitent les composants invisibles de la matière. Tous les vivants sont parents, composés principalement d’atomes de carbone, d’hydrogène, d’oxygène et d’azote agencés dans d’immenses molécules dont le squelette est constitué de chaînes d’atomes de carbone. Les molécules de chlorophylle et d’hémoglobine, l’une caractéristique des plantes et l’autre du sang des animaux, toutes deux formées d’une couronne au bout d’une grande queue d’atomes, sont identiques, à un atome près celui qui occupe le centre de leur couronne.

Molécules. Détail


Dans l’obscurité des plantes. 255 x 188 cm. Encre de chine, fusain, acrylique, crayon aquarelle et pigments sur papier Wenzou

Le moindre brin d’herbe contient des milliers de cellules. Myriades de cellules organisées en tissus, qui s’adaptent à la croissance et aux cycles des différents organes, racines, tiges, feuilles, fleurs ou fruits, aux espèces, et à leurs conditions de vie. Incroyable machinerie cellulaire avec ses composants spécialisés dans la transformation, la fabrication ou la réplication de molécules, la production et le stockage de réserves, la fabrication de molécules médicamenteuses, de poisons, de parfums, ou de nectars, la production d’énergie, le transport et la gestion de flux, la réplication, le transport et la lecture d’informations, l’ouverture et la fermeture de liaisons au travers des membranes, la résistance mécanique de la plante… Et la reproduction cellulaire qui assure la pérennité d’organismes toujours en croissance vers le ciel et vers le sous sol. Hyper complexité de cette subtile ingénierie, invisible dans l’obscurité des plantes derrière l’apparente simplicité de leurs organes.

Dans l’obscurité des plantes. Détails

Toutes les œuvres sont réalisées sur un papier chinois très léger, résistant mais  d’aspect fragile étant donnée son absence d’épaisseur. Un support choisi pour la variété des textures qu’il peut prendre selon la manière dont il est travaillé, et pour sa presque absence de matérialité. Métaphore du monde désormais périssable dans lequel nous vivons.

Les œuvres de cette série ont pour vocation d’être exposées dans les lieux les plus divers, qu’ils soient dédiés à l’art, l’écologie, la connaissance de la nature, la culture scientifique ou le loisir.

Métamorphoses doit s’enrichir de nouvelles œuvres au fil des rencontres, des expositions et des réflexions. C’est une série modulable dont le parcours s’adapte aux lieux qui l’accueillent.

Le projet Métamorphoses